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Accueil > Congrès Régional > COPACAMU 2007 > Vendredi 23 Mars 2007 > Communications libres 23-03-2007 > A propos d une neuropathie


A propos d une neuropathie A propos d une neuropathie

S. MEYER, V. HAEGER, C. MENSE, B. ROCAMORA

Service d’accueil des urgences
SAMU - SMUR 84
Avignon

Introduction :

Nous allons vous présenter un cas de neuropathie sensitivo-motrice
périphérique.

Clinique :

Motif de consultation :

Paresthésie douloureuse chez une femme de 43 ans.

Antécédents :
- Allergie à la pénicilline
- asthme corticodépendant depuis 8 ans
- polypose nasale
- ostéonécrose aseptique de hanche
Secrétaire médicale

Anamnèse :
La patiente rapporte un épisode de bronchite avec depuis une asthénie.
Ce jour la patiente constate des paresthésies initialement au niveau de la main
gauche mais rapidement extensive au reste du membre supérieur gauche et au
membre supérieur droit ainsi qu’un déficit moteur au niveau du nerf médian
droit .

Examen :
Pouls : 90 bpm, Tension artérielle : 120/60, Température : 38°, SpO2 :96% en
air ambiant, fréquence respiratoire à 16 cpm.

L’examen met en évidence un déficit moteur proximal du membre supérieur
gauche, un déficit sensitif avec paresthésies douloureuses, paresthésie du nerf
médian droit.
Les réflexes ostéotendineux sont retrouvés au niveau des quatre membres mais
globalement diminués, surtout au niveau du membre supérieur.
Le reste de l’examen neurologique et général est normal par ailleurs.

Paraclinique :

Biologie sanguine :
GB : 15000(PnN : 59%, lymphocyte : 10%, Pn éosinophile : 25%)
Ionogramme, urée, créatinine et protéine normal.
Myoglobine et troponine normales.

Radiographie du thorax :
Condensation non systématisée base pulmonaire droite.

Angioscanner cérébral : normal.

IRM cérébrale et médullaire cervicale : normale.

Ponction lombaire :
Elle ramène un liquide clair et normo tendu avec un discrète protéinorachie et
rien à signaler par ailleurs.
Le diagnostic retenu est de Syndrome de Guillain Barre

Evolution :

Amélioration partielle sous corticothérapie, la biologie complémentaire retrouve des anticorps antipolynuclaires positifs

Conclusion :

Devant l’association d’un terrain asthmatique, d’une sinusite, d’une hyper
éosinophilie et d’anticorps antipolynuclaire positif, on conclue à un syndrome de
CHURG et STRAUSS dont cette neuropathie axonale intègre le tableau

Discussion :

Le syndrome de CHURG et STRAUSS est une vascularite qui touche les artères
et les veines avec essentiellement des signes ORL (sinusite et polypose) et
respiratoire (asthme tardif) qui prédominent et qui sont le mode de révélation de
la maladie.
Il existe aussi des signes cardiaques (myopéricardite), neurologiques
(multinévrite), cutanés (purpura vasculaire, nodule), et gastro-intestinaux
(algies) qui sont assez fréquents mais qui sont rarement à l’origine du
diagnostique comme décrit dans ce cas. Ce mode de révélation neurologique est
rare