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Prise en charge des suicidants aux urgences : Résultat d'un audit sur (...) Prise en charge des suicidants aux urgences : Résultat d’un audit sur 100 patients consécutifs

P. Alfonsi, N. Attard, I. Kurtzemann, S. Nouvellet, M. Alazia

Marseille

Introduction : Les tentatives de suicide (TS) sont fréquentes et la qualité de prise en
charge est inégale aux urgences. Le but de cette étude est de présenter les résultats d’un
audit sur cette population.

Méthode : Une grille d’évaluation éditée par l’ANAES a été appliquée
rétrospectivement sur 100 dossiers. Les 16 critères retenus comprenaient la qualité de la
prise en charge somatique et psychiatrique aux urgences. Résultats. 71 F et 29 H ont été
recensés, d’âge moyen 39 ans 12. 89 patients ont séjourné moins de 24 h aux
urgences et 68 sont rentrés à leur domicile. Dans 88 %, l’utilisation de médicaments était
retrouvée, associée à de l’alcool pour 30 patients. Des antécédents psychiatriques étaient
notés dans 73 %. L’analyse des 16 critères fait ressortir : 1) des points négatifs : dans 73
% le psychiatre ne reçoit, ni la famille, ni les proches pendant l’hospitalisation ; dans 88
% l’évaluation de la situation sociale n’est pas faite. Dans 1 cas sur 2, aucun contact n’est
établi avec les médecins traitants et dans 40 % aucun rendez-vous ultérieur n’a été pris
avec un psychiatre. Aucun compte rendu d’hospitalisation n’a été adressé au médecin
traitant. Seulement 1 patient a reçu les coordonnées écrites d’une structure d’accueil 24 h
/ 24 h. 2) Des points positifs : tous les patients ont eu un examen somatique initialement,
l’entretien avec un psychiatre a été possible dans 95 % des cas dans les 24 h qui ont
suivi l’admission dans un bureau où la confidentialité a été respectée. La répétition des
entretiens n’a pu être réalisée qu’une fois sur 3 en raison de la courte durée
d’hospitalisation. Le risque de récidive suicidaire a été systématiquement évalué et
l’hospitalisation s’est faite dans un service approprié à la poursuite des soins médicopsychologiques
(UHCD). Dans 98 %, un médecin senior a coordonné les évaluations et
les décisions pendant l’hospitalisation.

Conclusion : Cet audit a révélé des lacunes concernant les rencontres de la famille et des
proches du patient avec le psychiatre, l’évaluation de la situation sociale et les relations
écrites et téléphoniques avec les médecins traitants. Après concertation avec les différents
partenaires concernés par la prise en charge du suicidant, un plan d’amélioration a été
proposé.