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Accueil > Congrès Régional > COPACAMU 2005 > Vendredi 25 Mars 2005 > Journée Infirmière 25-03-2005 > Spéléologie : Rôle d’une infirmière lors d’un secours spéléo

Missions particulières de l’infirmier en urgence


Spéléologie : Rôle d'une infirmière lors d'un secours spéléo Spéléologie : Rôle d’une infirmière lors d’un secours spéléo

I. JARRIGE

Montpellier

I° PRÉSENTATION DU SPÉLEO SECOURS FRANÇAIS

Le spéléo secours français à été crée en 1977 suite à une convention signée entre la Fédération Française de Spéléologie et le ministère de l’intérieur.

Actuellement elle est composée de 2400 sauveteurs civils et bénévoles. Chaque département a sa propre section de secours spéléo dont la responsabilité
incombe à un conseiller technique départemental en spéléologie (CTDS) nommé par le préfet et qui est secondé par des conseillers techniques
départementaux en spéléologie adjoints et des chefs d’équipes qui entraînent et forment les équipes spécialisées (désobstruction, téléphone,
plongée, l’assistance aux victimes dont fait partie l’infirmier…).

En cas d’accident, le plan départemental de secours spéléo est déclenché par le préfet, et le Spéléo Secours Français est réquisitionné.

II° STATISTIQUES SUR LES ACCIDENTS

Nombre d’accidents par an (En moyenne de 1994 à 2003)
28 accidents : 10 pour des spéléos licenciés FFS
18 pour des tiers (mission de service public)
26 % de blessés, 71 % d’indemnes et 3 % de décédés

Un secours spéléo est différent de tous les autres secours.
D’abord, l’urgence n’est que relative. En effet, un certain temps s’écoule entre l’accident, l’alerte et la mise en place des secours.

Ensuite, le milieu dans lequel il se déroule est particulier : une cavité sombre, froide et humide.

Enfin, peu de médecins et d’infirmiers font partie du Spéléo Secours Français. De ce fait, l’équipe d’assistance aux victimes est formée de manière
à fonctionner même s’il n’y a pas d’infirmier disponible.

III° L’ÉQUIPE D’ASSISTANCE AUX VICTIMES

a) Son but
« Il est de rejoindre la victime, la conditionner, la soigner et la placer dans un abri chauffé et éclairé, abri dans lequel elle pourra attendre dans
de bonnes conditions son évacuation. Ce n’est qu’une fois que la totalité du parcours sera prêt, puits équipés, eau pompée, passages élargis que
la victime abandonnera son point chaud pour la sortie. »

b) Le matériel
L’infirmier, tout au long de l’année, gère la maintenance de tout le matériel de l’équipe assistance aux victimes.
Il est conditionné par kit. En règle générale, il y en a quatre :
- un kit duvet.
- un kit point chaud.
- un kit alimentation.
- un kit soins secouristes.

Il existe deux scenarii possibles lors d’un secours spéléo.
Soit nous ne connaissons pas l’état de la victime et nous descendons avec le strict nécessaire (ambu, aspiration, perfusions et antalgiques, petite
chirurgie, contentions, tensiomètre, saturomètre et appareil à dextro), soit nous avons quelques informations sur l’état de santé de la victime, ce
qui nous permet de prendre du matériel supplémentaire susceptible d’être utilisé (intubation, oxygène, plâtre…)

c) Rôle infirmier
A l’arrivée sur le lieu de l’accident et une fois la victime mise en sécurité si besoin, l’équipe se divise en deux :

- Un groupe va construire le point chaud (tente qui permet à la victime de recevoir les premiers soins dans les meilleures conditions possibles et
d’attendre l’évacuation au chaud.).

- L’autre groupe, au minimum deux sauveteurs et si possible un infirmier ou un médecin, va faire un premier bilan de l’état de santé de la victime
(elle reste habillée) et donne les premiers soins d’urgence si nécessaire. Une fois la victime installée confortablement dans le point chaud et
mis dans un duvet, un deuxième bilan, plus approfondi, membre par membre est fait, et les soins dispensés.

Après cela, une transmission écrite, résumant ce que nous avons fait, détaillant l’état de santé actuel de la victime sans interprétation, le matériel
supplémentaire nécessaire si besoin et si l’état de la victime impose des conditions particulières d’évacuation, est remontée à la surface.
Des liaisons régulières avec le P.C. vont avoir lieu tout au long du secours grâce au téléphone qui sera installé.

L’infirmier, si cela est possible, restera auprès de la victime qui sera hydratée et alimentée durant le temps de l’attente de l’évacuation.

L’infirmier sera à côté de la victime durant toute l’évacuation et pourra l’arrêter si l’état de santé de la victime le nécessite (réinstallation du point
chaud, antalgique supplémentaire…).

À la sortie de la cavité, l’infirmier fait la liaison avec l’équipe du SAMU et/ou pompier qui vont transporter la victime vers le centre hospitalier le
plus proche.

IV° CONCLUSION

Le manque de personnel médical et paramédical capable d’aller sous terre lors d’un secours spéléo, la longueur du secours, le fait de ne pas
avoir tout le matériel rapidement à disposition rend le rôle de l’infirmier particulier (quand il y en a un).

- En fonction du type d’accident, il faut anticiper le matériel nécessaire et les risques de complications possibles.

- Il faut mettre en place les premiers soins sans jamais déroger au décret de février 2002 (et, par expérience ce n’est pas facile).

- Du bilan qu’aura fait l’infirmier va dépendre l’orientation du diagnostic médical de la victime, des traitements mis en place prescrits par un
médecin réquisitionné et présent au PC et toute la suite des secours