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Barotraumatismes pulmonaires en scaphandre autonome : stratégie (...) Barotraumatismes pulmonaires en scaphandre autonome : stratégie diagnostique

M. COULANGE, A. BARTHÉLÉMY, A. MATHERON, E. BERGMANN, JM. SAINTY

Le barotraumatisme est un phénomène bien connu en plongée. La surpression pulmonaire survenant au cours de la remontée en scaphandre autonome
compose un tableau clinique pouvant associer des signes généraux, pulmonaires et neurologiques. Cette symptomatologie est rarement
complète, souvent pauvre et atypique.

Les dossiers de quatre plongeurs présentant en 2004 un barotraumatisme thoracique en scaphandre autonome avec des symptômes mineurs ont
été rétrospectivement étudiés. Le plongeur n°1, victime d’un essoufflement, effectue une remontée incontrôlée. Il se plaint de malaise associé à une
monoparésie brève du membre supérieur droit. Il ne consulte que 24 heures après, suite à la palpation d’un emphysème sous cutané.
Cliniquement, il ne présente aucun signe respiratoire. La radiographie standard pulmonaire (RP) montre un pneumomédiastin. La tomodensitométrie
thoracique (TDM) met en évidence un pneumothorax antérieur bilatéral (minime à droite et incomplet à gauche). Le plongeur n°2 signale
une gêne thoracique associée à une toux lors d’un exercice de remontée sans embout. Les symptômes disparaissent en quelques secondes.
Toutefois, l’apparition d’une dyspnée lors de conversations prolongées motive sa consultation aux Urgences. L’examen clinique est sans particularité.
La RP suspecte un pneumomédiastin. La TDM confirme ce diagnostic et montre un pneumopéricarde avec un décollement pleural postérieur
droit de faible importance. Le plongeur n°3, insuffisamment lesté, effectue une remontée rapide dans les cinq derniers mètres. Dès la sortie de
l’eau, il se plaint d’une dysphonie isolée. La RP diagnostique un pneumothorax apical droit avec pneumomédiastin et emphysème sous cutanée
majeur. Le plongeur n°4 est assisté par son coéquipier suite à une perte de connaissance à 57 mètres. A la sortie de l’eau, l’examen retrouve uniquement
une gêne rétrosternale à l’inspiration profonde. La TDM montre un aspect évocateur d’alvéolites hémorragiques.

La présence d’un barotraumatisme pulmonaire doit être systématiquement envisagée lorsque le profil de plongée est compatible avec un tel accident.
Les symptômes respiratoires, même faibles, doivent être pris en considération. L’examen clinique est faussement rassurant. La radiographie thoracique
standard n’est pas toujours contributive. La gravité potentielle est évaluée grâce à l’examen neurologique et l’imagerie. Les résultats de ces examens
permettent de poser l’indication d’oxygénothérapie hyperbare, de discuter d’un éventuel drainage pleural et d’adapter la surveillance.