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Allergie et corticothérapie - Marseille Allergie et corticothérapie - Marseille

A. MAGNAN, D. VERVLOET

Les recommandations indiquent que la corticothérapie par voie systémique doit être utilisée précocément lors des réactions allergiques aigues,
qu’il s’agisse des chocs anaphylactiques et oedèmes de Quincke, ou qu’il s’agisse de l’asthme.

1. ANAPHYLAXIE AIGUË

L’anaphylaxie sévère, (de grade 3 – 4) est estimée à 1 à 3 cas pour 10 000 habitants. Elle est mortelle dans 0.65 à 2 % des cas selon les études,
représentée essentiellement par les chocs anaphylactiques et les réactions systémiques. Parmi les agents en cause, les cacahuètes sont la cause
principale des réactions alimentaires (20 %) et les pénicillines sont les plus fréquentes des allergies médicamenteuses (40 %) (1).
Les recommandations indiquent systématiquement l’utilisation de l’adrénaline, et la corticothérapie par voie générale pour toute réaction sévère
et récidivante ou s’il y a un asthme associé. En pratique, la corticothérapie est administrée dans 40 à 50 % des cas, que la réaction soit sévère
ou non… il faut bien reconnaître qu’aucune étude contrôlée n’a permis d’établir avec un niveau de preuve suffisant la nécessité d’utiliser les corticoïdes
en urgence au cours des réactions allergiques sévères : leur utilisation doit cependant être recommandée compte tenu de la fréquence du
bronchospasme associé.

2. ASTHME ALLERGIQUE

En effet le niveau de preuve de la nécessité d’utilisation de la corticothérapie dans l’asthme aigu est élevé. Plusieurs études contrôlées contre placebo
ont montré qu’elle améliorait la fonction respiratoire et diminuait le risque d’hospitalisation. Ces études ont été reprises dans une méta-analyse
convaincante (2). En revanche l’effet sur les risques de rechute est moins clair.
Les recommandations actuelles insistent sur l’utilisation précoce des corticoïdes compte tenu de leur délai d’action. La voie d’administration est
indifférente sur l’efficacité et la voie parentérale ne doit être utilisée qu’en cas d’impossibilité d’utilisation de la voie orale.
Enfin, la dose n’a pas à dépasser 60mg d’équivalent prednisone par jour. Les doses élevées sont inutiles. La durée du traitement n’a pas été évaluée et
10 jours sont recommandés. Les corticoïdes inhalés prendront le relais du traitement d’urgence mais n’ont pas d’intérêt dans l’asthme aigu (3).
Pourtant, malgré ces recommandations, l’étude ASUR réalisée en France sur 3772 épisodes d’asthme aigu montre une insuffisance de l’utilisation
des corticoïdes aux urgences, avec seulement 68 % des patients traités malgré un risque vital (4).

Ainsi, l’utilisation des corticoïdes aux urgences dans l’allergie aiguë doit être systématique lors des réactions sévères et/ou associées à un asthme.
La mise en pratique de ces recommandations doit progresser en France.

Références

1. Moneret-Vautrin, Allergy 2005
2. Rowe, Cochrane Database Syst review 2001 : 1:CD002178
3. Ginasthma.com, Salmeron, Lancet 2001