Navigation rapide

Accueil > Congrès Régional > COPACAMU 2005 > Vendredi 25 Mars 2005 > Journée Infirmière 25-03-2005 > Expérience de paramédicalisation en SMUR

2 votes

Expérience de paramédicalisation en SMUR Expérience de paramédicalisation en SMUR

S. FEUERSTEIN (IDE), J-J. ARZALIER, W. VALLICCIONI, O. DUBOIS Cadre de Santé IADE (SAMU 83)


OBJECTIF

Parallèlement à ses équipes médicales, le SAMU 83 Toulon a mis en place au 1er juin 2003 une équipe paramédicalisée au service mobile d’urgence
et de réanimation (SMUR) pour desservir en « primaire » une agglomération de 400 000 habitants et en « secondaire » l’ensemble du
département du Var (900 000 habitants). Les contraintes liées à la démographie médicale et à l’aménagement et la réduction du temps de travail
(ARTT) en ont été le facteur conjoncturel, mais cette mesure était aussi structurelle en raison d’un constat évident reposant sur le bilan d’activité
du SAMU 83. Environ un tiers des interventions réalisées par un médecin semblait pouvoir être réalisé par du personnel infirmier (IDE), conformément
à son décret de compétences, tout en restant dans le domaine d’action du SMUR. Ces interventions, même si certaines concernaient des
urgences vitales sans actes de réanimation, devaient être réalisées dans le cadre strict du décret 2002-194 des soins infirmiers, ce qui explique
l’absence d’infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat (IADE). Le transfert de certaines missions SMUR secondaires et primaires à du personnel IDE,
s’inspire du succès de l’expérience préalable du SAMU 68 Mulhouse.

MÉTHODE

Ce dispositif s’intègre dans le cadre de la mission « Berland » sur le transfert de compétences ; il est autorisé par la direction de l’hospitalisation et des
soins (DHOS) et par l’Agence Régionale Hospitalière (ARH). Une sélection rigoureuse des IDE, basée notamment sur une expérience préalable, un suivi
rigoureux appuyé sur une formation continue et des débriefings fréquents, conditionnent la réussite de ce projet. Les moyens en place à ce jour sont :
1 équipe médicale et 1 équipe paramédicale par 24 heures, plus une équipe médicale en binôme (médecin – IDE) en journée. L’hélicoptère saisonnier
est médicalisé ou paramédicalisé en fonction du motif de l’intervention.

La régulation médicale est un élément fort du bon fonctionnement de cette réponse graduée. L’envoi d’une équipe paramédicale fait l’objet d’un consentement
du demandeur. Un accès direct et prioritaire au médecin régulateur a été mis en place par le biais d’un numéro téléphonique réservé. Les ECG
réalisés par l’IDE sont télétransmis pour être analysés par le médecin régulateur. Des protocoles ont été élaborés par les médecins, les cadres de santé
et les IDE ; ils sont évalués en permanence. Une procédure de renfort immédiat existe, reposant si nécessaire sur l’intervention de l’un des deux médecins
régulateurs. Une évaluation quant à la qualité du service rendu était demandée aux services hospitaliers receveurs.

RÉSULTATS

Malgré le remplacement d’une équipe médicale par une équipe paramédicale, le nombre total d’interventions du SMUR Toulon reste dans son
enveloppe habituelle : 4 932 en 2002, 4 728 en 2003 et 5 511 sorties en 2004. Le SMUR Toulon avait effectué en 2002, avec des équipes exclusivement
médicales, 3206 interventions primaires et 1726 secondaires. Après 18 mois d’activité (juin 2003 – décembre 2004), l’équipe paramédicale
du SMUR Toulon a effectué plus de 2500 sorties primaires et secondaires, dont 903 primaires et 706 secondaires pour les douze premiers
mois (juin 2003 - juin 2004).

COMMENTAIRES

Les missions du SMUR ont été assurées sans réduction de la qualité de prise en charge des patients. Les médecins sont engagés là où ils s’avèrent
le plus utiles (la régulation et les urgences vitales CCMU 4 et 5) alors que les IDE assurent principalement les urgences fonctionnelles (CCMU
2 et 3). Les principales interventions réalisées en primaire par l’IDE sont : les SCA ST- (14%,) les traumatismes simples (6,9%), les hypoglycémies
sévères (6,5%), les OAP (6,2%). Les urgences vitales avec actes de réanimation représentent moins de 3% des engagements de l’équipe paramédicale.
Ces interventions ont permis d’assurer des mesures conservatoires auprès de patients en détresse vitale, pour lesquels aucune équipe médicale
n’était disponible lors du déclenchement des secours.

Au final, depuis bientôt deux ans, l’aide médicale dans un bassin de population de 400 000 habitants a pu être assurée 24 heures sur 24 par
deux équipes SMUR, dont une équipe paramédicale. Aucune remise en cause locale ou régionale de ce dispositif n’est apparue à ce jour. Cette
expérience, quantitativement la plus importante en France, ne remet en aucun cas en cause l’intérêt indéniable de la médicalisation pré-hospitalière
dans des situations spécifiques. Il s’agit simplement d’offrir au médecin régulateur une réponse graduée supplémentaire située entre les secouristes
(ambulanciers privés ou VSAV des sapeurs-pompiers) et les équipes SMUR médicalisées. L’intérêt est de recentrer les ressources médicales
sur des interventions nécessitant des actes complexes de diagnostic et/ou des gestes techniques lourds. D’autres interventions, appartenant cependant
au domaine de l’aide médicale urgente, peuvent être réalisées par des IDE…